mercredi 27 août 2008

"Somewhere, over the rainbow, skies are blue, and the dreams that you dare to dream really do come true."


Je ne réalise pas que c'est vraiment la fin, et que, dans six jours, l'année prochaine - que je crois toujours voir arriver dans un an - débute. L'angoisse qui m'avait laissée tranquille pendant un mois et demi revient, comme si elle ne s'était absentée que cinq petites minutes. Ils ne me paraissent pas si lointains ces bac, dernière semaine, résultats et Abitur. Et pourtant, ces vacances ont été mouvementées et bien remplies. Je ne sais pas ce qui me fait le plus peur. Peut-être est-ce simplement le fait de tout recommencer, tout en sachant que tout sera différent. En tout cas, je n'ai jamais été aussi stressée, et ce n'est pas peu dire.
Mais je suppose que tout le monde est dans le même cas.
Le temps passe tellement vite.
Plusieurs jours à Caen, et je pensais que ce démon allait encore me titiller, ce qui s'est évidemment passé. Mais il n'a pas eu l'effet escompté qui aurait pu être pernicieux. Au contraire, ça n'a été que bénéfique. La preuve étant que je n'ai plus aucune nouvelle depuis presque trois semaines, et ça ne me fait ni chaud ni froid, malgré ce que l'on s'était dit durant une des soirées passées là-bas. C'était merveilleux de rattraper ces deux années de perdues, comme si de rien n'était, comme si nous nous étions vues toutes les semaines de ces quelques vingt mois. Et de se rendre compte que, finalement, le temps ne flétrit pas les vraies amitiés.
Un court séjour à Dieppe, fantastique. Disney, des soirées...
Deux semaines en Bretagne qui sont, elles aussi, passées à une vitesse folle, malgré une certaine attente. Et deux dernières semaines ponctuées de petites rencontres très agréables.
J'aurais pu y rester des mois, à Belle-Ile, même sous la pluie. C'est tellement ravigorant tous ces paysages, ce silence, ce calme. Là-bas, j'ai vraiment l'impression d'être ailleurs, dans un autre monde, loin du bruit et de l'agitation, d'être réellement en vacances. L'isolement peut faire du bien. Et j'aime être seule, c'est vrai, ça me rassure. Il y a peu de gens avec qui je me sens bien, sinon, je suis plutôt du genre casanière, à préférer rester en famille. Mais ce sont ces gens avec qui je me sens bien qui me font, à chaque fois, regretter d'être loin.
Et puis, il y a ces différentes sensations agréables qui créent l'équilibre avec le stress. Elles sont si nombreuses. Beaucoup de choses ont déjà changé. Et c'est agréable de sentir que les situations s'éclairent au fur et à mesure, et semblent évoluer dans le bon sens, même si c'est parfois très difficile.
J'avais oublié à quel point c'est délicieux de sentir un chat ronronner contre ses cuisses, à quel point c'est excitant l'approche d'un grand changement. Ce que j'avais surtout occulté, c'est l'euphorie que peut procurer le simple fait d'être amoureux. C'est que ça n'est arrivé qu'une fois, que c'était très compliqué, et que je ne pensais pas pouvoir me détacher de ce premier amour... Et pourtant, c'est fait. Et sans aucun effort. Alors, c'est tout simplement formidable. J'aime sans me poser de questions, et, franchement...
Je n'en demande pas plus.

lundi 14 juillet 2008

Bras dessus, bras dessous, les épaules taillées à former une éclipse. Sans dessus, sans dessous, j'avale le calice, hips.


Une journée de soleil, une journée estivale, comme on aime en avoir pendant le mois de juillet, c'est vraiment le meilleur remède, la seule thérapie qui ait fait ses preuves (à mon avis).
Ce matin, on se réveille, la tête dans le coltard après la soirée d'hier, et on prend le petit-déjeuner dehors sous le ciel immaculé, pendant que Papa prépare et répare les vélos pour la promenade qui est prévue dans la journée. Vers treize heures, on se décide enfin à descendre à Poses pour pique-niquer en bord de Seine. Le rituel du remplissage des sacs à dos terminé - après une heure d'interrogations existentielles : saucisson ou jambon dans le sandwich ? combien je prends de bouteilles d'eau ? on emmène les maillots ? tu peux me prendre ma serviette de bain ? - on est prêt à partir, huit cyclistes du dimanche, plus exactement du quatorze juillet, affublés de chapeaux colorés, de lunettes de plage, de sandalettes kickers et de sacs à dos chamarés avec des petites peluches qui pendouillent sur les côtés.
Il n'y a pas de problème particulier à signaler pour l'aller, on traverse tranquillement les quelques petits villages qui se trouvent sur la route et les écluses de Poses, avant de trouver un petit coin tranquille, au bord de l'eau, pour déjeuner.
Partie de campagne.
C'est vraiment beau, la Seine sous le soleil et le ciel bleu. On prend des photos, on joue à Indiana Jones et Tomb Raider dans la vase, on monte dans la barque moisie qui est attachée à l'espèce de quai en bois qui est en tout aussi mauvais état. Louis décide d'y passer la moitié de l'après-midi. "Dis, pourquoi les libellules elles sont encastrées ?" (la petite Marie, dix-huit ans, à son Papa)
Bref, c'est du bonheur à l'état pur. Vous ne trouvez pas que l'écureuil (la grosse femelle) de Merlin l'Enchanteur est trop mignonne ?
Le retour n'a pas été aussi facile que l'aller... On crache ses boyaux dans la côte qui n'en finit pas (c'est sûr, la descente était moins ardue), même les vaches vont plus vite sur leurs quatres pattes que les cyclistes sur leurs deux-roues super perfectionnés avec huit vitesses. Mais j'avoue qu'on ressent une certaine fierté quand on est de retour à la maison. Un saut dans la piscine, un grand jus de fruits, de la musique à fond les décibels, et une sieste dans l'herbe, le nez dans les fleurs de trèfle et les pâquerettes.
Et son appel tant attendu... Mais je ne vais pas encore m'éterniser. Il est juste entrain de tout changer dans ma vie, et plus précisément dans mes sentiments qui étaient, depuis trois ans, destinés à une seule et unique personne. Et celle-ci a disparu de mon esprit depuis dix-sept jours... Coup de coeur. Pas de foudre, parce que je trouve cette expression stupide. Paf, comme ça. Et basta. Une seule envie depuis : lui et lui seul.
La fin de la journée est aussi agréable que son début, puisqu'elle finit en apéro dans le jardin et barbecue...
Les vacances sont enfin là.

Requiem pour un coeur d'artichaud semi-fidèle.


Avec la création d'un nouveau blog et le passage de l'éternel skyblog, qui commence à me taper sur les nerfs (oui, à ce point), à une forme plus intime de communication, on pourrait croire que ma nymphomanie présupposée par certains (une certaine en particulier qui est, accessoirement, ma meilleure amie) m'a encore joué un tour. C'est à n'y rien comprendre, n'est-ce pas ? Mais c'est normal, il ne faut pas s'inquiéter. Il ne faut jamais s'inquiéter.
"Je me souviens, ça commençait comme ça..."
Comme cela m'arrive souvent, j'ai besoin de renouveau. Cependant, cette fois, il est venu de lui même, sans avoir nécessité une pression insoutenable de ma part - si on part du principe que l'homme est capable d'infléchir son destin... Vaste question... sur laquelle je n'ai pas l'intention de m'attarder. Donc, il est venu de lui même, le renouveau, et ne pas s'y attendre le rend encore plus délectable. J'aime ce mot. C'est vrai, je délecte, savoure avec délice chaque instant et me régale à chaque syllabe qu'il prononce, à chacune des pensées qui lui sont destinées, à chaque fois que je lis ou entends son prénom. Autant dire que je suis dans un état de niaiserie incommensurable et incessant depuis plus de deux semaines. Je me sens comme je me suis rarement sentie : bien, sereine, avec une envie de déclarer mon amour de l'humanité et de la vie au premier inconnu qui croisera mon chemin. Bon, j'exagère. Je suis encore trop timide pour aborder les gens dans la rue sous le seul prétexte de leur dire que je les aime, sans les connaître, simplement parce que mon mot d'ordre du moment est la philanthropie.
Simplement, il reste des personnes à qui je peux le dire, des personnes qui vont disparaître peu à peu de mon quotidien dont ils ont, pendant trois ans, été les repères. Je sais que je me répète, sûrement à en devenir chiante, mais je ne veux pas vous laisser sans que vous sachiez à quel point vous comptez pour moi, à quel point vous avez embelli chaque instant de ces quelques années, même dans leurs pires moments. Et pour rajouter au côté mélodramatique de la chose, je dirais que, grâce à vous, je ne suis pas devenue une paria de la société avec un coeur en béton, comme j'aurais pu l'être après les quelques catastrophes amoureuses qui se sont produites durant cette période. Encore une fois, j'exagère. Même si... Bref, ces passades étaient justement des passades, sont par conséquent passées (ça c'est fort), et je ne les regrette pas. Elles se sont envolées avec ces trois années, et tout cela est relégué au rang des souvenirs. Si je ne les regrette pas, ce n'est pas aussi facile. Je crois que ce qui me fait vraiment peur, c'est de savoir que tout ce qui me semble encore proche commence déjà à faire partie du passé. Je crois que je n'ai pas envie de quitter cet univers, même s'il est temps de passer à autre chose et que j'en ai envie, sans aucun doute.
Ce qui me rassure, c'est de me dire que j'ai changé au fil de ces années, que tout ce qu'on a vécu a laissé sa marque plus ou moins perceptible. Je n'ai aucune envie d'oublier tout ça, même les expériences les moins agréables. Sans tout ça, je ne serai pas ce que je suis maintenant, je n'aurais pas découvert toutes ces petites choses qui n'allaient pas et je n'aurais pas entrepris de les éliminer jour après jour. Certes, il y a encore du boulot.
Mais, finalement, je ne suis pas si mal lotie que je l'ai cru dans mes périodes d'adolescente plaintive en crise d'égocentrisme. J'en ai honte de toute ces petites crises qui revenaient régulièrement. Enfin, je crois qu'elles ont définitivement disparu cette année, et encore plus ces derniers mois. Il y a des choses bien plus importantes...